Elisabeth Quin

23 mars 1963 à 14h30 à Paris
23 mars 1963 à 14h30 à Paris

Elizabeth Quin a un thème chaleureux et lumineux. Sa destinée lui demande de moins s’investir dans son travail et d’explorer les valeurs contemplatives.  C’est en se penchant sur les affaires suprasensibles de ce monde, sur la mort et la faiblesse de ceux qui n’ont pas sa force, qu’elle franchira une étape importante dans sa vie.

La mort semble y être pour quelque chose. Le décès d’une amie, de sa mère, la mort d’une foule la conduisent à déplacer le centre gravité de sa destinée : de ce qu’elle peut contrôler vers des thèmes plus difficiles à saisir.

Cette battante est une grande sensible. Un mélange heureux et équilibré que l’on retrouve dans le mélange pétillant de son émission « 28 minutes ». Bang Bang, Tic et Tac… Initialement concentrée sur ses occupations, sur le métier mené tambour battant avec une grande vitalité et un courage inné, elle a probablement mis du temps à accepter les personnalités moins efficaces, plus fragiles qu’elle, et les situations chaotiques. Il y a une certaine peur de la folie. Elle préfère les scénarios fous que la vraie folie qu’elle craint. Elle craint ce qu’elle ne maîtrise pas.  Pourtant, c’est ce qu’elle ne maîtrise pas qui embellit  sa destinée.

Elle pourrait interroger les malades d’un hôpital psychiatrique, écrire sur leur vie et sur leurs perceptions de la mort. Elle pourrait établir des ponts  importants entre ceux dont la vie se déroule à l’hôpital, dans les monastères, dans les lieux clos et ceux qui sont dehors. C’est une passeuse à la fois silencieuse et vive qui va d’une rive à l’autre du monde, de la vie active à la vie contemplative. Un mélange d’eau et de feu qu’elle doit explorer pour comprendre où elle va. Quelque chose dans son passé, ses origines, son pays lui échappe, la trouble. Cette personnalité médiatique à l’identité si claire et forte est traversée par une transmission spirituelle ou par des questions sur l’au-delà qu’elle a du mal à saisir, à comprendre. Elle peut les écarter pour éviter de s’y pencher.

Or ce qui la fait progresser et qui finalement lui donne une très grande joie ce sont les thèmes qu’elle ne contrôle pas mais qu’elle entrevoit, qu’elle perçoit. Sa destinée lui demande d’explorer activement tout ce qui est au-delà du saisissable, depuis les vies contemplatives jusqu’à la mort et au-delà de la mort. C’est la destinée spécifique de cette vie si marquée par l’exubérance et la réussite.

Lubitz: le Pic des Trois Évéchés

Andreas LUBITZ
Né le 18 décembre 1987 à 12h00 (heure inconnue), à Neuburg an der Donau (Allemagne)

Analyse astrologique Andreas Lubitz

Le thème d’Andreas LUBITZ est à tous points de vue extra-ordinaire. Extraordinaire par sa concentration planétaire.

Extraordinaire par les aspects indiquant l’excellence professionnelle avec un mental étonnant à la fois aventurier et concentré.

Extra-ordinaire aussi  par les puissants indicateurs de dépression et de caractère obsessionnel.

Extra-ordinaire enfin par l’ambivalence entre ombre et lumière, relayée par une recherche de la perfection et une profonde agressivité structurant toutes les émotions et les actions.

Juste après l’accident, une amie médium m’assurait bien avant les conclusions de l’enquête: « c’est un suicide ». Et la conjonction Pluton-Mars-Lune en Scorpion pouvait en effet d’un point de vue astrologique appuyer la thèse du suicide. Mais si l’astrologue professionnel ne peut pas confirmer avec certitude un suicide, il peut détecter avec une très  grande exactitude, les pulsions de la psyché,  d’autant plus lorsque celle-ci est tiraillée par des extrêmes.

L’étroite conjonction Soleil-Saturne est un indicateur de traits obsessionnels et dépressifs. Ce qui est remarquable dans ce thème c’est l’encadrement de cette conjonction Soleil-Saturne par Mercure et Uranus. Mercure ouvre le stellium et Uranus le ferme,  ce qui nous indique un comportement obsessionnel et des objectifs maîtrisés, encadrés par une habileté technique (Mercure)  au service de la technique et de l’innovation (Uranus). La maîtrise technique se révèle être ici extraordinairement experte. Elle « encadre »  un suicide prémédité de longue date (Soleil-Saturne), minutieusement préparé (Mercure-Soleil-Saturne) dans un environnement uranien, l’aviation. Tout cela dans le signe du sagittaire, donc avec une propension  à vouloir dérouler le scénario pendant un voyage, à l’étranger.

Ce suicide à la fois personnel (Soleil-Saturne) et collectif (Uranus) est motivé par un optimisme sans faille, une grande dose d’audace et de courage (Jupiter en Bélier) mais aussi par un idéalisme strict, une mystique de l’effort  dans un environnement alpin  (Neptune en Capricorne).

Andreas LUBITZ arrive à mener à terme son « exploit » parce que ses objectifs  sont relayés par des aspects indiquant un véritable talent technique (URANUS-SOLEIL-SATURNE-MERCURE).  La volonté de mener à terme des exploits à la fois mesurés et démesurés, heroïques et intrépides, si possible jamais réalisés avant lui comme l’angle de descente choisie (Jupiter en Bélier) structure la personnalité.

Cette personnalité particulièrement structurée oscille néanmoins continuellement entre un désir de lumière extrême (stellium en SAGITTAIRE) et une immense nécessité d’ombre (une conjonction triple en SCORPION).

Au-delà de l’analyse des aspects structurants  la personnalité, la clef de voûte du thème est donnée par le l’axe de destinée. Les ingrédients innés d’Andreas Lubitz sont marqués par le signe de la VIERGE,  qui renforce le côté méticuleux, obsessionnel, discipliné et prémédité déjà présents dans le thème.

La destinée nous invite à abandonner l’inné en faveur de nouvelles expériences et apprentissages. Dans le cas qui nous occupe l’axe de destinée invite le natif à abandonner des objectifs matériels mécaniques et stricts pour intégrer une vision de l’infini, plus empathique et métaphysique. Dans les thèmes très marqués par l’axe de destinée, le destin cherche sans cesse à s’exprimer. Parfois le natif ne le laisse s’exprimer qu’une seule fois dans la vie, un instant avant de mourir.  Dans le cas d’Andreas Lubitz,  cet axe a fonctionné de manière extra-ordinaire.  Le point d’arrivée,  le PIC DES TROIS ÉVÉCHÉS, celui où il conduit de manière prémédité  l’avion, correspond au contenu spirituel de son point de destinée (nœud nord en POISSONS).  La mystique de son acte est pour lui réelle et pour les spectateurs une terrible illusion. En consultation, un astrologue professionnel lui aurait demandé comment comptait-il développer des talents mystiques qui impliquent essentiellement beaucoup d’amour, d’humilité et de renoncement avec un thème dominé par le désir de vivre la mort et de la faire vivre à autrui ? En effet, cet amas en Scorpion (PLUTON-MARS-LUNE en Scorpion)  intensément immoral  interfère ici de manière constante avec des qualités mystiques dont il interdit l’expression.  Le scénario se déroule alors en intégrant cette variable impossible à exprimer de la conscience religieuse. A défaut d’avoir su développer une véritable conscience métaphysique, Andreas LUBITZ a délibérément choisi un sommet (Neptune en Capricorne) et un toponyme religieux pour réaliser sa vision.

Sa  destinée prend fin avec les vies qu’il a intégré de force dans son aventure, sur le PIC DES TROIS ÉVÉCHÉS. Son axe de destinée tel qu’il apparaît dans son thème de naissance contient tous les éléments de son scénario : les avions, le voyage, la montagne, l’exploit, l’idéal, le suicide prémédité et la mort collective.

L’histoire raconte qu’une rupture amoureuse a précipité son action.  Venus ferme effectivement l’amas planétaire du thème. L’absence de la femme aimée devient ainsi l’élément le plus visible du processus. Mais Venus ne fait que refermer l’amas. Le dernier ingrédient est certes l’ingrédient le plus visible, celui qui peut apparaître comme la cause déclenchant l’acte (entre autres choses parce que Venus est la seule planète en aspect dysharmonieux dans le thème) mais les ingrédients qui ont véritablement conduit Andreas Lubitz à s’écraser au sol avec un avion plein de passagers sont bien plus anciens et profonds. Bien plus difficiles à saisir et bien moins appréhendables. Andreas Lubitz a mené à terme ce scénario parce que cette oscillation extra-ordinaire entre une lumière extrême et une ombre surpuissante pouvait difficilement trouver une expression dans le réel. L’oscillation trop violente a besoin de fiction. Une personnalité moins douée, moins optimiste se serait noyée dans la fiction. Les capacités prométhéennes d’Andreas Lubitz ont rendu sa fiction réelle.